HISTORIQUE DU F.P.I.

(HISTORIQUE – PARTIE 2)

Le FPI et les libertés démocratiques pour une indépendance totale de la Côte d’Ivoire.


Historique du F.P.I.

(2ème Partie)

 

Par Voho Sahi Alphonse


Historique du FPI (2ème Partie)


 

2e Partie

II – Démocratie et développement : adversaires ou partenaires ?

Le mot « développement » n’est pas un mot quelconque dans le débat sur les libertés démocratiques en Côte d’Ivoire. L’un  des arguments utilisés par le parti unique pour différer sine die l’instauration du multipartisme en Côte d’Ivoire a été de dire que la développement est incompatible avec la démocratie, « à l’européenne », ajoute-t-on. Cette dernière précision vise à faire admettre que le parti unique est une forme de démocratie qui conviendrait à la culture africaine.

Il s’agit d’un argument de type raciste mais, sous le parti unique, se soucie-t-on de tant de subtilités? Toujours est-il qu’avec le temps, l’idée que la démocratie et le développement sont incompatibles a fini par être crédible aux yeux des animateurs du parti unique qui, profitant du régime, étaient prêts à soutenir toutes sortes d’arguments pourvu qu’ils les confortent dans leurs avantages.

Il en allait tout autrement du peuple qui aspirait au changement. Malgré une longue immersion sous la domination française, prolongée par le régime de parti unique; l’un et l’autre ayant promu des antivaleurs, le peuple de Côte d’Ivoire n’a jamais renoncé à ses droits démocratiques. L’extraordinaire de la révolution démocratique c’est qu’elle engage dans une lutte commune un peuple en quête de changement et de liberté et une élite politique, regroupée au sein du FPI, qui propose une figure lisible et mobilisatrice du changement.

Mais il ne suffisait pas au FPI d’avoir élaborer, à travers une théorie ou une idéologie, le profil d’un monde nouveau, il devait également préparer et réaliser l’avènement de ce monde nouveau dans la réalité. C’est à cette condition que la révolution sera complète. Car, la révolution se déroule en deux temps et en deux lieux. Le premier temps est celui de la théorie ou de l’idéologie qui dresse et superpose dans la pensée, premier lieu, le profil du monde nouveau appelé à remplacer l’ordre présent. Le second temps est celui de la mise en pratique, dans la réalité, deuxième lieu, de ce qui a été pensé.

Tant que l’opposition clandestine était dans le premier temps, qu’elle se contentait de refaire le monde en idée, elle n’inquiétait guère personne en Côte d’Ivoire même ou ailleurs. Et si, en rentrant d’exil en 1988 Laurent Gbagbo s’était contenté du rôle de « l’opposant de sa majesté » que le régime et ses aillés lui avaient taillé sur mesure, il n’y aurait pas eu d’acquis démocratiques majeurs en 1990.

Les données changent dès lors que le FPI décide de passer au deuxième temps, c’est à dire de conquérir le pouvoir et d’avoir par ce moyen, l’occasion de traduire dans la réalité les idées qu’il a pour le pays, idées qu’il a exposé dans les programmes de gouvernement qu’il a édités.

Le fait que dès avant même la proclamation du multipartisme, une portion importante du peuple ivoirien avait déjà adopté les positions du FPI exprime une adéquation au moins partielle entre  la vision du parti et les aspirations profondes des Ivoiriens. Cela s’est confirmé aux élections présidentielles d’octobre 2000.

De deux manières. D’abord en votant le candidat du FPI, Laurent Gbagbo, les Ivoiriens ont choisi une vision politique qui leur a été exposée au cours de la campagne et qui est tiré des programmes de gouvernement déjà connu. Ensuite en faisant triompher le droit contre la violence militaire en rejetant le coup d’Etat tenté par les militaires.

Or cette rencontre, dans la réalité historique, entre le peuple et le FPI, qui fait suite à l’adhésion de ce même peuple aux idées du parti, rencontre dans la pensée, est ce qui s’appelle la révolution.

Ces deux moments sont marqués dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire par deux crises d’intensités différentes mais qui participent d’une seule et même logique. Le premier moment, celui de l’adhésion aux idées restera marqué par les événements du 18 février 1992.

Le régime et ses soutiens extérieurs avaient découvert, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1990 et des élections locales de 1991, que le FPI avait des idées mais aussi des hommes décidés à faire la promotion de ces idées. En 1992, il décide de limiter, à défaut d’empêcher, l’impact de ces idées au sein du peuple. Le 18 février il fait arrêter Laurent Gbagbo. Mais plus que l’arrestation elle-même, c’est la volonté de dresser de lui le portrait d’un anti héros : un casseur, voire un vil agitateur.

Il faut dire que l’opération a échoué. Tant et si bien que exactement dix ans plus tard, les animateurs du régime devenu ancien, soutiennent une rébellion qui attaque le pays dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Cette fois-ci il s’agit d’éviter le deuxième temps. Le temps de la traduction des idées dans la réalité.

Nous en sommes là. Les militants du FPI n’ont donc aucun complexe à avoir par rapport à la crise actuelle. On ne peut pas condamner un bébé parce qu’il est né dans une maternité délabrée, pas plus qu’on ne peut tenir le propriétaire responsable des dégâts causés chez lui par des voleurs!

Tous les arguments, en particulier ceux de l’opposition, tendant à donner le complexe au FPI, sous prétexte qu’il n’aurait pas réalisé ce qu’il a promis ne visent pas en réalité les actions et les événements. Il s’agit d’emmener le peuple à douter de ses choix, une fois que la guerre aura fait son effet destructeur dans les vies et dans les consciences.

Il n’empêche que la crise fonctionne, comme toute crise, comme un verre grossissant ; permettant de voir sous un jour particulier des faits sur lesquels la vie ordinaire ne projette pas toujours la lumière. Et c’est par une de ces questions que je voudrais terminer mon exposé : la question de l’identité.

III – Identités en péril ou identités renaissantes ?

Le conférencier devra nous dire pourquoi il est si difficile pour les Ivoiriens d’avoir une carte d’identité, d’être électeurs, et de voter? Les droits de l’homme, le droit à la citoyenneté posent-ils problèmes? Lesquels?

VOHO SAHI

 

 


Historique du F.P.I.


Historique

      1 . Objectifs

      2 . Introduction

       3. 1ère Partie (Historique)

      4 . 2ème Partie (Historique)