HISTORIQUE DU F.P.I.

(INTRODUCTION)

Le FPI et les libertés démocratiques pour une indépendance totale de la Côte d’Ivoire.


Historique du F.P.I.

Introduction

 

Par Voho Sahi Alphonse


Introduction


 

La fête de la liberté commémore une étape décisive dans les luttes pour les libertés démocratiques en Côte d’Ivoire : la fin du parti unique.

C’est en effet le lundi 30 avril 1990 que le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, section du Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), cède enfin sous la pression des acteurs de la démocratie. Il proclame, à travers un communiqué de son Bureau Politique, réuni à Yamoussoukro, qu’il n’est plus seul et demande au gouvernement d’autoriser « la constitution légale des partis politiques ayant déposé leurs statuts auprès de la Préfecture d’Abidjan. »

C’est une révolution. C’est l’aboutissement des luttes menées par des générations entières de démocrates et d’indépendantistes ivoiriens et africains, mais c’est aussi le point de départ d’une « révolution démocratique en Côte d’Ivoire. »

Pour mesurer la portée de l’événement, il faut se rappeler ou à défaut, pour les jeunes,  s’efforcer d’imaginer le temps du parti unique. Le régime av  ait fini par créer une accoutumance à la dictature, au point de faire admettre à tout un peuple que le Chef de l’Etat est le « Père de la Nation », que le développement est un don de ce père, la paix une religion dont il est le grand prêtre, le parti unique « l’expression du peuple », la contestation politique un sacrilège, et enfin que « l’injustice est préférable au désordre ».

Dans un tel système, les institutions républicaines sont vidées de leurs contenus. Il n’existe aucun contre-pouvoir. Le pays est soumis à la pensée unique, celle du chef de l’Etat. Il n’y a pas de liberté de la presse. Les journaux écrits comme la radio et la télévision nationales sont des caisses de résonnance du pouvoir. Les citations du Chef de l’Etat, Président du parti, ouvrent les journaux télévisés et radiodiffusés. Elles barrent la Une du journal gouvernemental, l’unique quotidien d’information du pays. Une seule centrale syndicale est reconnue. Les partis d’opposition sont interdits, cela va sans dire, et ceci en violation de l’article 7 de la constitution.

Tel est, présenté à grand traits, le monde dont le communiqué du PDCI annonce la fin en ce lundi 30 avril 1990. Mais la fin de l’ordre politique ancien est seulement proclamée. Il restait à construire un nouveau cadre d’expression politique fondée sur la démocratie. La révolution démocratique était engagée. Il fallait la mener et la réussir. C’est la mission des acteurs de la démocratie.

La tâche est immense et on peut se demander aujourd’hui encore si tous les acteurs de la démocratie avaient pris la mesure de la mission historique qui venait de leur échoir. Il ne s’agit de rien moins que d’opérer une remise en cause, totale ou partielle, des certitudes les plus établies dans tous les domaines de la culture, de la société, de l’économie et de la politique.

Les enjeux débordent le contexte historique immédiat. Ils vont au-delà des seuls droits démocratiques. Ils touchent à la souveraineté du pays. Car, en accordant l’indépendance en 1960, la France ne partait pas de la Côte d’Ivoire. Comme Achille à la Guerre de Troie, elle s’était retirée sous sa tente ! Elle changeait simplement le cadre politique de sa présence militaire, économique et culturelle.

Dans ce nouveau cadre, les intérêts de l’ancienne puissance coloniale sont garantis par le parti unique. Ce régime est en fait, en ce qui nous concerne, un avatar du pouvoir colonial. La liberté accordée d’une main au nouvel Etat à l’indépendance a été retirée de l’autre aux citoyens par l’instauration du parti unique. Le pays est désormais réputé libre mais ses citoyens ne peuvent pas désigner librement leurs dirigeants. C’est là toute l’ambivalence des « indépendances africaines ».

La remise en cause du parti unique n’avait donc pas pour seul enjeu une expression politique plurielle, voire la possibilité d’une alternance démocratique au pouvoir. Elle rouvrait, de facto, le front jamais éteint des luttes pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire. C’est à la fois l’ordre politique établi et le système que cet ordre servait qui se trouvaient remis en cause. Le régime et la France ne se sont pas fait d’illusion à ce sujet. Les acteurs de la démocratie et, parmi eux, le Front Populaire Ivoirien, se sont ainsi retrouvés, dès le départ, face à une double hostilité, dont la guerre civile de 2002 et la crise actuelle sont un point culminant.

Quelle est la contribution spécifique du Front Populaire Ivoirien à cette révolution démocratique à l’œuvre depuis 1990 ? La crise déclenchée dans le pays en septembre 2002, deux ans après que le FPI ait conduit un candidat à la présidence de la République, remet-elle en cause les choix idéologiques et politiques du parti ? Un pays en lutte pour sa libération peut-il garantir les libertés démocratiques ? A quels niveaux cette crise engage – t – elle la responsabilité  du FPI? Comment le Front Populaire Ivoirien articule – t – il les exigences de l’espérance révolutionnaire qu’il a suscitée et les impératifs de l’exercice  démocratique du pouvoir?

Telles sont les questions que l’on peut se poser à l’occasion de ce 20ème anniversaire de la Fête de la liberté qui est aussi le 20ème anniversaire de la proclamation du multipartisme. Je voudrais partager mes sentiments sur ces questions autour du thème   que le comité scientifique du vingtième anniversaire de la Fête de la liberté m’a proposé : Le Front Populaire Ivoirien et les libertés démocratiques, pour l’indépendance totale de la Côte d’Ivoire.

Mon exposé s’articulera autour de trois parties. Une première partie sera consacrée aux enjeux de la révolution démocratique. Une deuxième partie portera sur l’adéquation entre d’une part le projet de société du FPI, ses différents programmes de gouvernement et de l’autre, les attentes politiques, sociales et économiques du peuple ivoirien dans sa diversité. La troisième et dernière partie sera consacrée à la question de l’identité qui est au cœur de la crise ivoirienne et qui ouvre sur le sens de notre communauté de destin en tant que nation.

 

 


Historique du F.P.I.


Historique

      1 . Objectifs

      2 . Introduction

       3. 1ère Partie (Historique)

      4 . 2ème Partie (Historique)